Retour sur le Snapchat Ecommerce Summit Paris 2026. Mathieu Rampant, Head of Sales France & Southern Europe, a posé une question frontale : est-ce que vous allez continuer à vous battre dans les mêmes espaces saturés que vos concurrents, ou est-ce que vous choisissez de croître autrement ? Une accroche forte, des insights terrain, du concret, et des résultats chiffrés qui font réfléchir face à Snapchat Ads.
Mathieu a commencé par un constat qui claque. L’attention des utilisateurs ne disparaît pas, elle migre. Elle quitte les fils d’actualité saturés pour rejoindre des espaces plus privés, plus intentionnels. Et cette bascule touche aussi la façon dont on cherche de l’information : la requête Google se transforme en conversation avec un LLM.
Les chiffres sont là, difficiles à ignorer. 943 millions d’utilisateurs mensuels dans le monde. 477 millions de dailies. En France : 20 millions de personnes par jour, 26 millions par mois. Et puis Mathieu a fait une pause avant d’annoncer l’âge moyen de l’utilisateur français. La réponse : 35 ans. Le mythe de l’appli pour lycéens prend vraiment du plomb dans l’aile. 91% de la Gen Z française (15-24 ans) est sur Snap. Mais aussi 64% des millennials (25-39 ans). C’est une audience multigénérationnelle, large, engagée.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est l’argument de l’audience incrémentale. Parmi les Snapchatters français actifs chaque jour : 42% ne sont pas sur TikTok quotidiennement. Traduction directe : une partie non négligeable de ton audience potentielle sur Snapchat ne verra jamais ta publicité sur les autres plateformes. « On ne s’ajoute pas aux investissements médias existants, on vous offre une audience que vous n’avez nulle part ailleurs », a insisté Mathieu. Et dans un contexte où les CPM augmentent sur les plateformes saturées tandis que l’attention y baisse, cette promesse a de la valeur.
L’autre point fort, c’est le mindset des utilisateurs sur Snapchat. Ils ne scrollent pas passivement. Ils viennent pour leurs amis, leur famille, ce qui compte pour eux. Cet état d’esprit actif et relationnel est une mine d’or pour les marques qui savent s’y glisser avec les bons formats. Et 53% de la Gen Z utilise les réseaux sociaux principalement pour la messagerie privée, pas pour le feed public.
Benjamin Gru, Senior Client Partner Ecommerce, a pris le relais avec une franchise que j’apprécie : pas de storytelling, pas de vente de rêve. Des recommandations opérationnelles, point par point. Il a rappelé d’entrée que la performance représente désormais 75% des investissements réalisés par les annonceurs sur la plateforme, contre 25% il y a quelques années seulement. C’est une transformation profonde, et elle s’accompagne d’une méthodologie claire.
« Ça peut paraître évident, mais on observe malheureusement encore en 2026 que le tracking n’est pas suffisamment priorisé. » Le message est direct. Installer la Conversions API (CAPI) est non-négociable. Elle permet de faire remonter les événements clés, achats en tête, de façon sécurisée, et de nourrir l’algorithme avec des profils pertinents. L’objectif : faire monter son Event Quality Score (EQS) au niveau « Good ». Résultat observé : +26% de ROAS médian sans rien changer d’autre à la campagne. Juste un meilleur signal.
La recommandation est le Target Cost. Les équipes Snapchat ont travaillé dessus en début d’année dernière et les résultats sont, selon Benjamin, « assez bluffants » : -32% de CPA et +16% de ROAS en fenêtre 7/0 par rapport à l’auto-bid. La règle pratique : un budget quotidien au moins 10 fois supérieur au bid pour laisser l’algorithme respirer. Et une marge de ±20% autour du montant d’enchère pour capter les opportunités. Si ton objectif de CPA est 13€, pose un bid à 15€.
Le passage à la fenêtre d’attribution 7/0 donne plus de poids aux signaux de clic, donc aux profils avec un bon historique de conversion. La marque Courir a switché depuis une fenêtre 28/1 et a observé -29% de CPA et +43% de ROAS. « Je pense que vous êtes tous familiers avec ce modèle sur d’autres plateformes », a ajouté Benjamin, et effectivement, la logique est la même.
Plus de 50% du budget sur les Snap Ads et Collection Ads. La créa doit être pensée verticale, native, authentique. « Plus les créas auront ce côté authentique, plus elles marcheront. » Logo visible, offre lisible en deux secondes, CTA clair, cohérence totale avec la landing page. Les Filters et Story Ads ont leurs avantages, mais ne sont pas les formats les plus performants pour de l’acquisition pure.
Privilégier les audiences broad. Ne pas surcharger avec des intérêts ou des custom audiences qui limitent le bassin disponible. S’appuyer sur des audiences d’exclusion pour isoler les cohortes. Démarrer avec l’essentiel du budget en prospecting, puis basculer progressivement vers du retargeting une fois l’algorithme bien appris.
Alizée Goerens, Product Marketing Manager, a partagé quelque chose de rare : l’honnêteté sur le processus. « En 2024, la plus grande demande de vos annonceurs portait sur l’automatisation. On vous a entendus. » La suite, c’est la feuille de route des Smart Solutions, construite brique par brique, avec une vision long terme assumée.
Ce qui est déjà disponible et testé :
Ce qui arrive dans les prochains mois :
Un point important qu’Alizée a tenu à souligner : « On n’a pas envie d’être une black box. Même quand les Smart Campaigns seront pleinement disponibles, vous pourrez toujours activer ou désactiver chaque fonctionnalité selon ce qui est pertinent pour vous. » Ce n’est pas de l’automatisation aveugle, c’est de l’automatisation modulable.
Maxime Penaud, Account Management Lead, a dit une chose qui résume bien le sujet : « À la base, les Dynamic Product Ads c’était une image simple sur fond blanc, pas forcément hyper sexy. » Aujourd’hui, c’est autre chose. Après une année de refonte complète des signaux, des templates et de l’algorithme, les DPA affichent leurs meilleurs résultats historiques.
Le DPA Domino, single, multi-produits ou multi-segments, est désormais le format numéro un sur tous les secteurs. Deux raisons. Première : l’expérience utilisateur. Des vignettes plus grandes, plus aérées, plus interactives. Résultat : +67% d’interactions par rapport aux anciens templates. Deuxième : le zéro friction. Tu connectes ton catalogue dans le Ads Manager, le système génère les templates automatiquement. Pas de case à cocher, pas de whitelisting spécifique.
En chiffres : -53% de CPA pour les annonceurs en auto-bid en fenêtre 1/0. -28% pour ceux en enchère maximale.
Le Segment 1 joue le storytelling, une vidéo incarnée avec du branding, de l’UGC, pour capter l’attention dans les deux premières secondes. Le Segment 2 retient l’utilisateur dans la créa au lieu de le laisser passer au prochain contenu : il affiche le catalogue produit personnalisé selon son comportement sur ton site. Tu as visité des maillots de bain ? L’algorithme te montre des maillots de bain. Simple et redoutablement efficace.
Les résultats clients sont parlants. Princess Polly (fashion féminine, Australie/US) : x1,6 de ROAS et -28% de coût par achat. Hibbett Sports (groupe JD) : +70% de volume de sessions et +31% de chiffre d’affaires incrémental sur la plateforme.
Le moment le plus ancré dans la réalité de la journée, c’était clairement l’échange avec Marie Baillon (responsable marketing digital chez Celio) et Guillaume Fara (Strategy Director chez tigrz.paris), animé par Camille Marillet. Celio, c’est 50 ans d’histoire, 300 magasins, 8 millions de clients « un français sur neuf », comme l’a rappelé Marie. La marque a intégré Snapchat dans son mix en juillet 2025, sur recommandation de l’agence.
Pourquoi Snapchat ? Marie a été directe : « On était principalement sur l’écosystème Meta. L’objectif était de diversifier pour aller chercher de la croissance ailleurs, et surtout toucher une audience plus jeune. » Guillaume a enfoncé le clou : « Il y a un coût à ne pas aller sur la plateforme. Les CPM sont compétitifs, l’audience est exclusive, et avec 300 magasins en France, l’ancrage local que permet Snapchat via la Map est un vrai atout. »
Sur la mesure, Marie a mentionné l’outil Fospha, utilisé pour réconcilier les données cross-canal et mieux apprécier l’impact des impressions sociales, y compris sur des conversions qui n’auraient pas été tracées autrement. « Fospha nous a confortés dans l’idée que Snapchat est un vrai canal de conversion performant pour nous. » Sur les créas, la leçon est précieuse : Celio a commencé avec des contenus pas forcément conçus pour Snap. Et ça a quand même marché. « Ne passez pas à côté d’une opportunité en attendant d’être parfait », a conclu Marie.
La dernière session de la journée était réservée à Arcads.ai, et franchement c’était la partie qui a le plus fait jaser dans la salle. Le CEO, Romain Torres, a planté le décor avec une phrase sans détour : « Toutes les pubs seront créées par l’IA. » Pas une provocation. Une conviction.
Trouver le bon hook, le bon message, la bonne accroche en deux secondes, c’est un travail de volume et de vitesse. « Paid media is a game of speed and volume », a résumé Damien Goubin, Head of GTM. Or la production vidéo traditionnelle est lente et chère. Arcads agrège tous les meilleurs modèles d’IA vidéo et image sur une seule plateforme, et automatise l’ensemble du pipeline de création : script, acteur, b-rolls, sous-titres, voix, suppression de fond, traduction…
Le tarif : entre 5 et 10 dollars par vidéo. Le temps : 10 minutes. Une vidéo, dix acteurs différents, pour identifier les deux ou trois qui surperforment les autres. « Pour une raison qu’on ignore, il y en a toujours deux qui surperforment, c’est la magie du paid actuel. »
Après deux ans d’activité, 10 000 marques e-commerce utilisent la plateforme et génèrent en moyenne 20 publicités par semaine. Certaines en font des centaines. Un exemple qui a fait mouche dans la salle : un client aux États-Unis, deux personnes dans son équipe (lui et sa femme), qui génère 200 à 250 vidéos par semaine et réalise 1 million de dollars de chiffre d’affaires mensuel. Son secret : un agent IA dans Arcads qui lit tous ses avis clients, en extrait les verbatims, identifie des axes créatifs, génère des scripts, et produit les vidéos. Ses produits ? Des chapeaux. Voilà.
Une autre fonctionnalité qui m’a frappée : la capacité à faire parler différents acteurs avec le même script, la même vidéo. Upload ta vidéo source, sélectionne dix acteurs, génère dix variantes en quelques minutes. Tu testes, tu gardes ce qui performe, tu scales.
En clôture, l’équipe Snap a partagé sa roadmap ecommerce pour les mois à venir. Voilà ce qui mérite vraiment ton attention :
Je suis rentrée de ce summit avec une certitude bien plus solide qu’en arrivant : Snapchat n’est plus un pari risqué pour les marques e-commerce. C’est un canal mature, avec des fondations techniques solides, une audience massive et une partie réelle de cette audience qui ne se trouve nulle part ailleurs. La combinaison signal propre + Target Cost + attribution 7/0 + DPA Domino + Smart Campaigns + créas produites à la volée par des outils IA dessine un écosystème cohérent et redoutablement actionnable. Le conseil de Marie Baillon résonne encore : ne pas attendre d’être parfait pour se lancer. Les résultats, eux, n’attendent pas.
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